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Mariette -- Cooper -- Herman --Deprez --Devisme--Chamelot -- Delvigne

22 Détail du marquage de la poivrière Mariette cal 22. Matricule de la poivrière Mariette cal 22. Détail du percuteur de la poivrière Mariette cal 22. Poivrière à 5 coups de la Continental Arms: brevet du 18 août 1866. Détail du marquage du cylindre du modèle Continental Arms. Gazette des armes n° 354 marché une poivrière originale. Son magasin situé au 10, Place de la Bourse a besoin de voir affluer une clientèle d’un genre nouveau. Dans cette optique, notre homme met délibérément l’accent sur le coté pratique de sa poivrière, utilisant sa cartouche à broche, qui non seulement procure Poivriè re Mariette simple action calibre 22 percussion annulaire. un gain de temps appréciable, mais offre un moindre danger de manœuvre. Parlant des armes concurrentes à piston, il n’hésite pas à proclamer: «De la manière où ces instruments (sic), ont été construits jusqu’à ce jour, on doit reconnaître qu’à coté des avantages qu’ils offrent, ils présentent aussi des inconvénients que beaucoup de personnes ont certainement remarqués, et que pour pouvoir s’en servir, il faut dévisser chacun des canons les uns après les autres, puis les charger, les amorcer et les revisser de nouveau successivement et chacun à leur place respective. On comprend sans peine tout ce qu’une telle disposition cause d’ennui et de désagrément par le temps qu’elle exige et même aussi par le danger qu’elle présente pour ceux qui n’ont pas l’expérience. Si l’on ne veut pas avoir son pistolet constamment chargé, il faut de toute nécessité pour le décharger, faire le même travail que pour le charger.... Ce qui n’est pas moins long, ni moins désagréable...». Dans un brevet daté du 22 septembre 1846, il apporte les derniers perfectionnements à son arme, et peut désormais envisager sérieusement sa commercialisation. Les poivrières fabriquées dans les ateliers du 10 rue de la Page ci-contre: les poivriè res derniè re génération à cartouches métalliques. De haut en bas : Deux modèles Déprez 6 coups 7mm à broche, à gauche: Devisme à Paris 6 coups 7mm percussion centrale, à droite: Chamelot & Delvigne dite de gaucher 6 coups 7 mm à broche, Dumonthier sgdg. 6 coups 9mm à broche, à gauche: Mariette 6 coups cal 22 simple action percussion annulaire, à droite: Continental Arms Co Norwitch Ct. 5 coups cal 22 annulaire . S.A.

Détail de marquage du disque de poivrière Lefaucheux . Détail de marquage de la poivrière Lefaucheux. Poivrière Lefaucheux en coffret. Modèle F. Contriner à Vienne vu de droite. L’influence « Mariette» est probante. Marquages de la poivrière Contriner. 16 Gazette des armes n° 354 chaque coup, mais très rapidement on assiste à la généralisation de nouveaux modèles dont l’armement ainsi que la rotation des canons sont assurés par le seul mouvement de la détente. Sous l’action du doigt, le chien s’arme en même temps qu’un canon chargé se positionne en ligne; c’est la première apparition de la double action, un principe qui fera école puisqu’il sera repris ultérieurement sur les revolvers. Deux systèmes finissent par s’imposer: - le système anglo-américain popularisé par Allen vers 1840. Il se caractérise par un long chien plat (bar-hammer), placé sur le dessus du canon, ainsi que la présence d’un pontet protégeant la détente. - Sur le vieux continent, le système généralisé par Mariette et breveté en 1837 se différencie par une détente en anneau disposée ainsi que le chien au dessous de l’arme. C’est le canon inférieur qui fait feu. Le succès des poivrières grandissant, on assistera à une véritable inflation en ce qui concerne le nombre des canons, qui de quatre à six au départ, passèrent allégrement à huit, dix et même douze comme l’exemplaire signé J.F Hermann Breveté - calibre 9mm présenté ici. Poursuivant les enchères dans la démesure, il a même existé de véritables monstres affligés de seize à dix-huit canons. Le record en la matière semblant avoir été atteint avec une Mariette dénombrant pas moins de 24 canons disposés en double rangée concentrique... Il va sans dire que ces pièces hautement originales font aujourd’hui la joie des collectionneurs fortunés, amateurs de curiosités armurières. A l’aube des années 1850, les poivrières constituaient encore pour nombre de particuliers l’arme de défense idéale ; seules ombres au tableau, leur précision pratiquement nulle au-delà de quelques pas, doublée de la lenteur et la complication de leur chargement et déchargement inhérents à toutes les armes « à piston » de cette époque.
Mariette petit modèle dans son écrin. Ethan Allen Aux Etats-Unis, l’un des maîtres incontestés du genre se nomme Ethan Allen de Worcester dans le Massachusetts. En 1837, il fait enregistrer le brevet d’un mécanisme à double action applicable sur les poivrières. Il va connaître rapidement le succès avec un robuste modèle dont les 6 canons sont forés dans un même bloc d’acier. Par une simple pression sur la détente protégée par un pontet, on actionne un chien massif qui vient frapper les cheminées disposées à angle droit par rapport aux canons. Un cerclage d’acier à la jonction du bloc canon et de la carcasse est censé protéger l’utilisateur contre la communication accidentelle de feu aux différentes chambres ; un inconvénient relativement fréquent sur ce type d’arme. Massives, mais non dénuées d’une certaine élégance, les poivrières Allen seront fabriquées en plusieurs tailles et plusieurs calibres Couvercle du coffret Mariette faç on nacre. Détail du marquage de la poivriè re à canon long. comme on peut le constater sur ces deux exemplaires calibre 31 et 36. Il est à noter que la différence de poids entre ces deux spécimens est de plus de 500 grammes avec 1085 g pour le gros modèle et 555 pour le petit. En dehors des classiques marquages du fabricant: « Allens Patent - Patented 1837. Cast Steel», le petit modèle comporte la signature d’un revendeur; en l’occurrence: J. Grolen de New York. Dominique Venner, dans son ouvrage : « Les armes de Poing de 1850 à nos jours » nous donne une explication sur cet engoue- Mariette à canons  
 

La poivriè re Westley Richards en coffret. Modèle Westley Richards vu de gauche notez la présence d’un dispositif de sûreté.  Modèle J. Hermann vu de gauche. d’emblée le succès est au rendez-vous. Les poivrières Mariette ou de type Mariette vont rapidement inonder le marché belge et franç ais. Leur influence franchira largement le cadre de ces frontières comme en témoigne ce bel exemplaire à six coups calibre 32, réalisé par le célèbre arquebusier autrichien Franz Contriner de Vienne. Déclinées dans tous les genres, dans tous les calibres, dans tous les types de finition, les poivrières type Mariette pourraient avec leurs nombreuses variantes constituer à elles seules un thème de collection aussi varié que passionnant. Parmi les pièces de ce genre présentées ici, nous avons été particulièrement séduit par le spécimen à crosses ivoire, petit format, 6 coups, calibre 22 présenté en écrin avec ses accessoires ainsi que par cette version que l’on pourrait qualifier de « Buntline », à 5 coups calibre 8 mm dotée de canons d’une longueur inhabituelle de 150 mm. La poivrière stéphanoise signée Dessagne avec son faisceau de canons vissés, sa détente anneau ainsi que ses cheminées disposées dans l’axe des canons s’inscrit parfaitement dans la lignée des Mariette. Les poivrières à vocation militaire Il en existe très peu, compte tenu des inconvénients présentés par ce type d’arme, que nous avons énoncé plus haut. Il y a cependant des exceptions qui viennent confirmer la règle comme ce rare exemplaire Détail du marquage Allen grand et petit Allen sur le chien. modè les vus de gauche. 20 Gazette des armes n° 354
re à cinq coups signé « PRELAT bté à Paris» qui outre son fort calibre, (13 mm), se voit doté d’un crochet de ceinture amovible, ainsi qu’une baïonnette rentrante de 85 mm à la pointe particulièrement redoutable. Pesant un poids avoisinant le kilogramme, cette arme offre une prise en main et un équilibre particulièrement  bons. Prelat, arquebusier du comte d’Artois exerç a à Paris de 1810 à 1850. Au sujet de cette dénomination: « pistolets de curé» que l’on donne quelquefois aux poivrières, le « Qui est Qui de l’Arme en France » nous livre cette réponse : - « On doit à Prélat le type de poivrière dit de curé. Cette appellation vient de la déformation populaire de son nom : Prélat = Curé ». Modèle le Dessagne vu de gauche. Marquage de l’inventeur entre les cheminées. Casimir Lefaucheux entre en scè ne Faisant suite à son maître brevet n°1371/1 du 2 mai 1845 portant sur un pistolet se chargeant par la culasse, Casimir Lefaucheux fait enregistrer le 23 avril 1846, un additif consistant dans l’application de sa fameuse cartouche à broche aux armes dites «à rotation». Le prototype présenté dans cet additif affecte la forme d’une poivrière à chien supérieur (barhammer) très inspiré des armes anglo-américaine type Allen de 1837. Elève du célèbre Pauly, que l’on peut considérer comme le père spirituel de toute l’arquebuserie moderne, Casimir Lefaucheux se montre son digne successeur. A cette époque, notre homme alors â gé de quarante trois ans est dans la plénitude de ses moyens, il est notamment l’inventeur d’un nouveau type de fusil basculant à l’aide d’une clef. Malgré les qualités indéniables de son fusil, Casimir Lefaucheux souffre d’une certaine désaffection du public qui brocarde sa nouvelle arme, appelée ironiquement «fusil à succession». On peut voir dans un almanach de l’époque des caricatures campant un bourgeois en bonnet de coton s’évertuant à charger par la culasse son fusil basculant au moyen d’une baguette, tandis que les lapins convaincus du peu de danger présenté par un tel engin déposent des palmes aux pieds de l’inventeur. Quelque peu ulcéré de ce manque de considération, Casimir Lefaucheux en 1846 décide de frapper un grand coup en lanç ant sur le Modè le Wilkinson vu de gauche. La poivriè re de James Wilkinson & son Londres en coffret. Modè les Casimir Lefaucheux vus de droite. 
Les poivrières apparues dans leur forme la plus répandue vers le milieu des années 1830, les poivrières rencontreront un franc succès, tant sur le vieux continent que dans le nouveau monde. Les pistolets qualifiés « à faisceau de canons tournant » font leur première apparition en Angleterre vers la fin du XVIII -ème siècle. Réalisés sous la forme d’armes de poche avec des canons à vis ; six ou sept en général, ces pistolets possédaient dans leur version primitive à silex, la particularité de n’avoir qu’une batterie et un chien unique. La rota- Marquage de la poivrière Cooper. Détail des alvéoles à boulette de fulminate. : Henri Vuillemin Marc de Fromont Du plus grand au plus petit modèle, les poivrières type Mariette se déclinaient dans une multitude de variantes. Rarissime modèle Cooper à boulettes de fulminate - 6 coups cal. 9 MM. Détail du chien de la poivrière Cooper. 
 
 


Poivrière Devisme vue de droite et de gauche. Marquage sur le dessus de la carcasse. Modè le Dumonthier vu de droite. 24 Gazette des armes n° 354 Détail de marquage de la poivrière Dumonthier. Bourse, sont effectivement d’une qualité d’exécution remarquable faisant honneur à leur inventeur. Dans son édition du 7 août 1847, l’Illustration ne manque pas de signaler: «Successeur de la maison Pauly, M. Lefaucheux transformait Poivrières Deprez : des armes d’une excellente qualité d’exécution. Modè le Chamelot & Delvigne vu de gauche : notez la présence de la baguette sortie de la crosse. L’invention de son prédécesseur et trouvait l’heureuse simplification du fusil actuel. Une heureuse idée appliquée récemment aux pistolets à quatre, cinq et six coups les rendent tellement simples et commodes, qu’il ne peuvent manquer d’être d’un usage général quand il seront mieux connus ». Cet encadré fort instructif nous renseigne utilement sur la capacité des poivrières produites par C. Lefaucheux. Pour notre part, tous les exemplaires qu’il nous a été donné d’observer étaient établis au calibre 12mm à broche. La capacité de ces armes est le plus souvent de cinq coups, plus rarement quatre. Nous n’avons, pour notre part, jamais pu observer de spécimen à six coups de cette génération. La fin des poivrières Passé le milieu des années 1850, la poivrière commence à sérieusement marquer le pas, face au revolver dont le prix s’est considérablement démocratisé, et qui surclasse nettement cette arme lourde, mal équilibrée et dénuée de toute précision. Pour survivre, ce type d’arme devra adopter peu ou prou l’allure générale de son grand rival, et utiliser sa munition à broche, à percussion annulaire ou centrale, comme nous pouvons le constater sur les modèles Dumonthier, Chamelot & Delvigne, Deprez et Devisme. Aux Etats-Unis, on observera le même phénomène comme par exemple avec ce petit 5 coups calibre 22 percussion annulaire de la Continental Arm’s qui évoque furieusement le Smith & Wesson n°1. ■ Détail du marquage de la poivrière Deprez.

Prélat vu de gauche baïonnette rentrée. Notez la présence du crochet de ceinture amovible.  du public pour les poivrières: « La poivrière connais  jusqu’en 1850 un succès beaucoup plus large que le revolver. L’une de ces raisons est son prix de revient beaucoup plus faible... Détail de la baïonnette rentrée et des guidons Dans les armureries de la côte est, une à boule à l’extrémité bonne poivrière coû te 15 dollars et un revolver Colt Pocket, environ 25. Mais en Californie des canons.  où la fièvre de l’or attire brusquement les immigrants venus par mer, si la première a doublé son prix (30 $), en raison du transport, le second a vu le sien multiplié par dix (250$)!». Allen su mener avec succès son entreprise en comptant sur de solides appuis familiaux. Dans un premier temps, il commence par s’associer avec deux de ses beaux frères, Hermann vu de droite Charles Thurber et Thomas P. Wheelock, plus notez le pontet à repose - doigt. Détail du clapet de crosse du Mlle Herman. 18 Gazette des armes n° 354 Page ci-contre : les poivrières à pontet de haut en bas: Prelat à Paris - baïonnette rentrante 5 coups cal 13 mm, James Wilkinson & Son London 6 coups cal 44, Westley Richard London 6 coups cal 44, Allen petit et grand modèle 6 coups calibres 31 et 36, J. Herman variante 8 coups canons rayés à percussion sur capsule cal 7,6mm. tard deux de ses beaux fils, Sullivan Forehand et Henry Wadsworth rejoindront la société. Quand Allen disparaîtra en 1871, ils continueront de travailler sous leurs propres noms jusqu’à l’aube des années 1900. Nombre de poivrières anglaises possèdent dans leurs grandes lignes les caractéristiques de leurs consoeurs d’outre Atlantique comme on peut le constater avec ce magnifique exemplaire Westley Richards, arquebusier londonien du Prince Albert, conditionné en coffret et demeuré dans un état proche du neuf, ainsi que le modèle James Wilkinson de Londres également présenté en coffret. Cette influence américaine se retrouve également sur les armes produites par J. Hermann de Liège. Les « Mariette» Marquage de la poivrière Prélat. Ce nom est si célèbre qu’il est pratiquement devenu générique et évoque à lui seul la poivrière de type continental. Les premiers brevets datent de 1837, et